PARIS – BREST – PARIS 2015

Mon (1er) PARIS-BREST-PARIS
(Gilles LEDUC)

Mais qu’est-ce que je fais ? Pourquoi et comment en suis-je arrivé là ?
Surtout qu’initialement je n’aimais pas particulièrement le vélo.
Pourquoi le hasard a-t’il fait que je me sois licencié dans ce club de MSD Chartres
qui pratique le cyclotourisme et notamment de la longue distance à bicyclette. En fait,
tout cela je l’ignorais au départ.
Donc depuis 2012 -date de ma première adhésion-, j’entendais parler ces
cyclotouristes, ils évoquaient des distances de plus de 100 Km dans la journée, voir
200, 300 et plus. Aussi je m’y suis mis, je ne vous dis pas ma fierté les premières fois
que j’ai réalisé 100 Km, puis 150, et 200 Km.
Donc pour ne pas mourir idiot, en 2014, j’ai essayé les Brevets de Randonneurs
Mondiaux de 200 et 300 Km qui sont à effectuer dans des temps limités.
Puis en 2015, le PBP ayant lieu en août, notre club a préalablement organisé la série
des BRM 200, 300, 400 et 600 Km, qualificatifs pour le PBP 2015.
Cette année, j’ai donc réalisé 2 x 200, 2 x 300, 1 x 400 et 1x 600 pour voir, avec en
arrière pensée l’idée de (peut-être) m’inscrire au PBP, soit 1.230 Km à réaliser en 90
heures.
Je dois bien avouer que je m’étais toujours dit que je ne comprenais pas ce qui
poussait ces cyclotouristes à rouler de nuit et en plus pendant 3 à 4 jours ; c’est
évident, la nuit il fait généralement froid, on ne voit pas grand chose (ni le paysage),
on est fatigué, c’est dangereux ; en fait il y a plein de bonnes et réelles raisons pour
ne pas s’engager dans de telles aventures. Et effectivement, la série des BRM m’en
avait donné un aperçu, avec la gestion du sommeil et de la nourriture (y compris son
dégoût), les différents maux, aux mains (engourdissements) et surtout aux fesses
mises à dure épreuve sur la fin du 400 et surtout sur les 200 derniers Km du 600 (ce
qui me fait dire que ces brevets m’ont coûté… la peau des fesses).
Aussi compte-tenu des difficultés listées ci-dessus, j’ai longtemps hésité à m’inscrire
au PBP ; aussi, 1 semaine avant la date limite des inscriptions, je me suis engagé, il
n’était plus possible de le faire en 90 heures (complet) aussi je n’ai pas eu d’autre
choix que de m’inscrire en 84 heures.
À l’approche de l’événement, viennent alors les appréhensions, les questionnements ;
« me suis-je suffisamment entrainé » (environ 8.500 km depuis le 1er janvier),
« j’aurais dû faire un 1.000 km, pour voir », « est-ce vraiment raisonnable », mais
toutes ces questions ne veulent plus rien dire une fois l’inscription faite, il ne reste
plus qu’à y aller (ou se dégonfler). Quelqu’un a dit « Si j’avais su que c’était
impossible, je ne l’aurai pas fait », c’est un peu vrai, mais finalement « impossible n’est
pas français » ; mais l’homme a des facultés insoupçonnées, c’est pourquoi autant de
personnes vont au-delà de ce qu’elles peuvent faire, une fois le but atteint, nous nous
apercevons que le mental a joué un rôle déterminant, je suis sûr qu’il compte pour
plus de 50 % dans la réussite de ce défi, car il ne faut pas se tromper, il s’agit bien
de cela (il faut impérativement se trouver des raisons de le faire), si l’objectif est juste
de participer pour voir, il y a de fortes chances pour que cela échoue.
Bien sûr, il ne faut pas partir « la fleur au fusil », j’ai pour ma part établi un tableau
d’avancement en estimant ma vitesse, variable selon l’étape, le dénivelé, le roulage
de nuit, la fatigue et les jours qui s’enchaînent (on ne roule pas le 4ème jour comme
sur le 1er), il faut prévoir une marge en cas de soucis mécaniques, intempéries ou
physiques.
J’ai toujours eu de l’avance sur mon programme -il vaut mieux programmer avec une
moyenne plus faible que l’inverse car pour le moral et la confiance c’est important-,
cela m’a permis de me reposer plus que prévu, de prendre des douches, de manger
et d’essayer de dormir 3 heures chaque nuit, le fait d’être attendu à Loudéac par
Catherine et de pouvoir dormir dans le fourgon sans avoir à chercher de couchage
enlève un peu de pression.
La veille du départ, il y a le contrôle des vélos, déjà l’effervescence dans le
vélodrome et en dehors permet de se rendre compte que cet événement est
exceptionnel, des amis venus nous voir ont été impressionnés. Toute sorte de gens
aux accents germaniques, anglophones, italiens et autres se croisent (les italiens
sont particulièrement bruyants et expansifs). Le vélodrome est grandiose. Il n’y a plus
qu’à attendre le lendemain pour prendre le départ. Je dors chez Yvon et Catherine.
Yvon partant 1/4 d’heure avant moi m’amènera à Saint-Quentin. Je pars en même
temps que Philippe et ¼ d’heure avant Jean-Nicolas.
Le départ a lieu devant le vélodrome le lundi 17 août à 5h15 . Mon objectif est de
rallier Loudéac d’une traite, soit 448 km. Pas 1 km de fait qu’un allemand se vautre
sans gravité à un feu (j’espère pour lui qu’il ne s’arrête pas à chaque feu de cette
façon). Le peloton de 350 cyclistes semble nerveux. Le départ est très rapide, pas de
vent sauf de temps en temps favorable de 5 à 10 km/h. Salut à Gérard Galopin à
Nogent-Le-Roi, bonjour à Lulu et Simone à l’approche de la RN 154 sur la RD 26
avant Tremblay-Les-Villages. 1er arrêt à Mortagne pour manger (20 à 30 mn), puis à
Villaines-La-Juhel surprise, Catherine m’attend au contrôle. À Villaines, il y a des
animations et une bonne ambiance, petite pause de 30mn, je repars sous une nuée,
direction Fougères. À Fougères, je dîne avec Catherine, je me force à manger mais
cela a du mal à passer, pourtant se nourrir est primordial -j’essaie de m’alimenter et
de boire régulièrement sur le vélo- ; après 45 mn, encore une fois sous une nuée
passagère, je redémarre pour Tinténiac où en arrivant juste avant le contrôle nous
croisons un allemand en tête de l’épreuve, celui-ci sera le 1er à pointer à Saint-
Quentin, rien à voir avec nos pratiques.
Depuis Fougères je roule en compagnie de George Swain (X074), un américain
sympa qui roule à peu près au même rythme que moi, il comptait rouler toute la nuit
sans dormir, mais 1 heure avant Loudéac, il commence à zigzaguer, Morphée
l’appelle, et moi aussi je l’interpelle à plusieurs reprises, si bien que je lui conseille de
faire comme moi, dormir à Loudéac. Nous pointons à 2h14 le 18 août à Loudéac.
Yvon est déjà arrivé et il dort avec sa famille dans son camping car.
J’ai mal aux côtes et aux abdominaux. Je prends une douche, je mange et me
couche ; je ne peux que me reposer car installé dans un giratoire bruyant je ne
trouve pas le sommeil.
6h50, je décolle après avoir pris un bon petit déjeuner, l’objectif de la journée est de
faire Loudéac-Brest-Loudéac, soit 330 km. Catherine m’attend à Loudéac et profite
du spectacle des cyclos, elle ne s’y est pas ennuyée, tant mieux.
Mince, au petit matin, il y a du brouillard en descendant dans les vallées parcourues
par les ruisseaux et rivières bretonnes. J’ai mal au ventre mais ça passera
rapidement. Le parcours est plus accidenté, les dénivelés sont nettement plus
conséquents et surtout répétitifs, à ce moment là, je me dis que le retour de Brest
sera coquet, surtout avec la fatigue, ce sera effectivement le cas. À Saint-Nicolas-
De-Pélem, je vois le vélociste présent pour réparer ma sacoche avant qui vibre
terriblement suite à la perte d’une vis, je perds environ ¼ d’heure en plus de mon
arrêt, puis je repars pour Carhaix. Après Carhaix et Huelgoat, direction le
RocTrévezel ; juste avant d’y arriver, je croise Eric, il a l’air en forme, c’est bien. La
longue descente (qui sera bientôt une longue montée) nous mène alors vers Brest,
heureusement que ça descend car un vent de 15, 20 km/h de face nous accueille.
Depuis peu je roule avec un anglais, il a un bon rythme mais ne regarde pas trop les
panneaux pourtant visibles, aussi avant Brest je suis obligé de lui crier dessus pour
qu’il reprenne le bon chemin (pourtant une flèche directrice y compris française
devrait rester un flèche pour un anglais, n’est-il pas ?). Pointage à Brest à 15h51, je
me dis que l’aller est fait, il ne reste « que » le retour.
En repartant de Brest un petit vent arrière aide les cyclos en remontant vers le Roc
Trévezel, je m’arrête juste avant à un grand carrefour où un grand barnum est
dressé, j’y bois coca, café et j’y mange des galettes, les personnes tenant ce dernier
ne veulent pas être payées, je laisse tout de même quelques euros, les bretons sont
vraiment sympathiques. Je repars et je rattrape Nathalie, elle semble bien mais
m’indique qu’elle a des craintes sur ses délais, il est vrai que je ne m’attendais pas à
la rejoindre si tôt, je l’encourage à persister et je poursuis ma route, un cyclo breton
me rejoint et m’accompagne sur une dizaine de kilomètres, il exprime son admiration
de nous voir tous effectuer un tel périple lui qui n’a jamais osé rouler plus de 3
heures d’affilée. Jean-Nicolas me rattrape avant Carhaix, nous ferons route
ensemble jusqu’à Saint-Nicolas-De-Pélem. C’est à Saint-Nicolas-De-Pélem que nous
retrouvons Dominique et Yves, j’effectue une pause rapide, puis direction Loudéac.
J’ai mal aux mains (mais plus aux côtes et aux abdos), il faut faire avec, j’essaie de
changer régulièrement de position sur le guidon. Je suis au contrôle de Loudéac à
2h20 le 19 août 2015. Je prends une douche, je mange avec peu d’appétit, je me
couche et m’endors en moins de 2 minutes chrono, heureusement que Catherine a
trouvé un endroit beaucoup plus calme que la veille.
Le matin je repars vers 7h00, j’ai à nouveau mal au ventre mais cela passera aussi
vite que la veille, l’objectif de la journée est d’effectuer 309 km pour atteindre
Mortagne-au-Perche où Catherine m’attendra. Juste après ce nouveau départ, mon
genou gauche sera douloureux pendant 1 heure environ, mais ça passera. Au
pointage de Tinténiac, je retrouve Dominique et Yves qui se restaurent, je décide de
manger aussi, il n’y a plus de légumes, ni de pâtes, mais la soupe me va, tout
comme les deux parts de poissons et cela me fait du bien. Je remonte en selle
direction Fougères, Catherine m’attend sur le parking de LIDL pour le repas de midi
(en fait, il est 14h15). Pendant ce déjeuner nous verrons passer Elisabeth et Gérard.
Reprise du périple à 15h00 pour Villaines-La-Juhel. J’y arriverai à 20h54, je
commence à avoir des douleurs importantes aux chevilles et devant les tibias.
À Villaines, l’ambiance est agréable, le speaker est loquace et interroge en passant
les participants qui sont en permanence applaudis et encouragés par la foule, les
visages des cyclistes sont marqués, beaucoup semblent très fatigués, je mange
copieusement dans la salle des fêtes bondée, les villageois participent tous, eux
aussi viennent manger la paëlla, je suis certain que plus de 1000 repas sont servis,
incroyable ce village. Je reste à peine une heure et reprends ma route pour
Mortagne, et là, j’hallucine, tous les 500m, il y a un cyclo sur l’accotement où dans le
fossé en train de dormir, parfois à ras de la route, heureusement il y a peu de
circulation, avec la nuit la farandole des feux arrières ressemble à une énorme
guirlande, dans mon rétroviseur les phares des cyclos m’éblouissent. Je n’ai pas
sommeil mais je commence à fatiguer, je perds de ma lucidité, j’ai l’impression que je
suis en descente alors que ça monte, et inversement, un partenaire de jeu me
demande si c’est normal qu’il y ait autant de lapins au bord de la route, en fait, il n’y
en a pas, il sera grand temps pour lui de s’arrêter (ou de changer de tabac à moins
que ce soit le chouchen). Il est 1h32 le 20 août lorsque j’atteins Mortagne.
Catherine est présente, je prends ma traditionnelle douche, mais cette dernière
m’agace, elle est froide (d’un autre coté, ça réveille). J’ai très mal aux chevilles et aux
tibias. Je mange peu et rapidement je me couche. J’ai de l’avance, aussi je décide de
bien me reposer et de repartir vers 6h15 ; lorsque le réveil sonne, j’ai l’impression de
n’avoir pas dormi, et mauvaise surprise, mes deux chevilles me font souffrir, j’ai du
mal à me mettre debout, mais il ne reste que 140 km, il n’est pas question de
s’arrêter, je repars après un bon petit déjeuner, je retrouve Jean-Nicolas, nous
roulerons ensemble jusqu’à Senonches où il s’arrête, mais le mieux pour moi (et mes
jambes) c’est de continuer. Juste avant, vers Neuilly-Sur-Eure, nous avons croisé
Yves, il était très juste en délai, il faudra qu’il s’active. Contrôle de Dreux à 10h18, je
croise Gérard Galopin qui remonte vers Senonches pour encourager les membres
de MSD. Catherine est au contrôle de Dreux, Yves arrive quelques minutes après
moi, il pointe et repart aussitôt (c’est comme ça quand on est joueur ou à la
« bourre »).
Je repars et rattrape Yves après Luray, mais je m’arrête rapidement pour une pose
technique et j’encourage Yves à continuer, mes douleurs aux chevilles et tibias sont
omniprésentes, chaque arrêt et redémarrage se font dans la douleur. À Montfort
L’Amaury, un américain est victime de sa sixième crevaison et n’a plus de chambre
à air, je lui en donne une. Je n’ai pour ma part eu aucun ennui mécanique. Je
reprends mon chemin et au bout de 500m un japonais s’endort, heurte la bordure du
trottoir et se prend un grand mur en silex, conséquence, son imperméable est
déchiré et c’est tout, un miracle, ça l’a réveillé, nous l’avons aidé à se relever, et il
est reparti, même son vélo n’a rien eu.
Les derniers 20 kilomètres sont interminables, la traversée du parc juste avant
l’arrivée est calme puis le sentier d’accès au vélodrome apparait, je vois Roland et
Michèle, puis d’un coup, l’émotion, je dois me faire violence pour ne pas pleurer, puis
il y a Catherine, puis Thierry, et sa petite famille. Je passe devant les capteurs
informatiques, il faut encore se rendre jusqu’au parc à vélo avant d’aller faire
tamponner le carnet de route, se rendre à pied jusqu’au vélodrome est un calvaire. À
l’intérieur, j’obtiens mon dernier coup de tampon, quel plaisir et fierté d’avoir réussi.
Le carnet de pointage est conservé par l’organisation, c’est frustrant, mais les gars
du contrôle nous proposent de le photographier, ce que nous faisons, super. Le
repas servi par l’organisation m’a paru savoureux, il a été apprécié, surtout en
présence des amis du club. Un moment inoubliable.
Personnellement, tout au long du parcours, je n’ai jamais pensé à abandonner,
même dans les moments où la douleur était difficilement supportable (mes tendinites
tibiales, du mercredi après-midi jusqu’à l’arrivée).
De cette expérience, il ne faut pas voir que le kilométrage et la douleur, il faut parler
des bonnes choses, et il y en a eu beaucoup, elles font que le temps passe plus vite
et font supporter les inconvénients. La première est de participer à une épreuve
exceptionnelle, de réputation internationale, il faut voir le nombre de nations
représentées (66) avec, pour le millésime 2015, 4.000 participants étrangers sur les
6.000 inscrits. Ensuite, il est amusant de voir les multiples façons de faire PBP, sur
toute sorte de deux roues (voir trois), voir des personnes handicapées rend humble,
leur courage et volonté sont impressionnants. On voit différentes façons de rouler, en
groupe, en solitaire, très vite, très lentement, sans dormir, sans assistance ou avec,
et puis sur PBP vous n’êtes jamais seul, il y a toujours quelqu’un devant, derrière,…et
sur les cotés aussi. Sur les cotés, il y a des spectateurs, et ce tout au long du chemin
quelque soit l’heure, ils vous encouragent, vous soutiennent, vous admirent ; parmi
eux, il y a des enfants, ils veulent juste un merci, une tape dans la main, ils veulent
que vous vous arrêtiez à leur stand, pour boire et manger en échange de rien, d’une
pièce, ou d’une carte postale, sur le côté il y a aussi des commerces qui restent
ouverts 24/24h spécialement pour les cyclos, il y a les particuliers qui à 2 heures du
matin vous regardent passer pour prendre part au spectacle (le spectacle est aussi
pour nous), il y en a qui préparent des matelas dans leur sous-sol et sont prêts à vous
accueillir si vous avez sommeil, sur les côtés, il y a aussi les cyclos arrêtés (pause,
sommeil, relaxation, besoins urgents, nourriture, parfois un incident mécanique ou
une défaillance physique, voir hélas un accident). Sur PBP, il y a les contrôles qui
ponctuent régulièrement le trajet, avec des accueils des bénévoles encore une fois
chaleureux, voir festifs. Tout ce que j’ai évoqué ci-dessus rend le parcours attrayant.
Je n’en ai pas parlé, mais il y a les paysages variés qui permettent de se rendre
compte que notre pays est magnifique, même la Beauce, la basse-Normandie, et
évidemment, la Bretagne. Enfin, même si le parcours reste difficile, et même s’il y a
eu plus de 1000 abandons, nous avons eu la chance d’avoir une météo clémente,
vent quasiment nul, environ 2 heures de pluie sur la durée du parcours.
Enfin, il y a aussi l’arrivée à Saint-Quentin, l’émotion qui vous étreint une fois la ligne
franchie, le soulagement d’avoir réussi, la fierté aussi, puis le relâchement qui s’en
suit. Savoir que les amis du club, que certains amis et collègues de travail, étaient
présents soit sur le parcours, soit devant les écrans de leur ordinateur pour suivre
nos progressions, soit à l’arrivée pour nous applaudir, nous soutenir, nous féliciter,
tout cela fait chaud au coeur et prouve par ailleurs qu’il y a encore de la solidarité et
que cet événement ne laisse pas indifférent.

 

Mon (1er) PARIS-BREST-PARIS
(Dominique GUEGAN)

Parti de St-Quentin à 19h30, à un rythme assez soutenu, avec une moyenne de 25 km/heure, passage à Nogent-le-Roi où ma femme m’attendait avec une soupe et un casse-croûte de façon à ma réchauffer et éviter la fringale jusqu’à Mortagne-au-Perche.
Arrivé à Mortagne, j’ai pris à nouveau une soupe et des pâtes pour repartir aussitôt à un rythme tranquille.
Arrivée à Villaines-la-Juhel à 10h30. Je prends un bon petit déjeuner, repars 1 heure après, toujours à mon rythme, avec l’appréhension que ma tendinite se réveille. J’ai roulé avec des cyclos qui parlaient français, pendant quelques dizaines de km.
Arrivée à Fougères à 12h30, où ma femme me rejoignait. J’avais pensé dormir 3 heures après avoir déjeuné. Impossible de fermer l’œil, mais je me suis bien reposé. Je suis reparti aux environs de 16 heures, j’étais dans les temps que je m’étais fixé.
Arrivée à Tinténiac vers 17h15. Le manque de sommeil commence à se faire ressentir. Après contrôle et un peu de restauration, je décide de dormir 1 heure, ce qui m’a permis de récupérer.
Arrivée à Loudéac à 23 H. Là, il y avait des milliers de vélos. Je me suis restauré, un peu reposé et suis reparti.
Arrivée à St-Nicolas-du-Pélem vers 3h40, le lendemain matin : toujours dans les temps que je m’étais fixé. Pause restauration puis départ vers Carhaix.
Arrivée à Carhaix-Plouguer à 6h40. Un peu de repos, un bon petit déjeuner, et départ pour Brest, toujours sans problème mécanique, mais je sentais que la tendinite voulait se réveiller.
Arrivée à Brest à 12H10 où ma femme, mon frère et mon neveu m’attendaient. Après avoir déjeuner, je me suis fait soigner pour la tendinite (pommade et pansement sur le genou) et je suis parti dormir dans la salle de repos une bonne heure, avant de repartir en forme, vers 15 H. Continuant à mon rythme, je retrouve Yves à Sizun, arrêté sur le côté de la route (son père et sa sœur venus l’encourager, venaient de le quitter). Nous sommes repartis ensemble jusqu’à Carhaix.
Arrivée à Carhaix vers 20H. Nous avons dîné ensemble et Gilles nous a rejoint. Nous sommes repartis, un peu chacun de notre côté. Là, un cycliste m’a demandé de l’attendre, car il n’avait plus de lumière ni de pile. En cours de route, j’ai retrouvé Yves et Gilles, et nous avons roulé ensemble jusqu’à St-Nicolas-du-Pelem.
Arrivée à St-Nicolas-du-Pelem vers 22 H. Là, mon ancien patron m’attendait. Nous avons bu un chocolat ensemble, et je suis reparti 30 mm plus tard (nous nous sommes perdus de vue avec Gilles et Yves).
Arrivée à Loudéac à 3H. Restauration et repos, puis une heure plus tard, à nouveau le départ vers Tinténiac, à nouveau restauration et repos, et poursuite vers Fougères .
Arrivée à Fougères vers 13h20. Ma femme m’y attendait. Après avoir mangé, j’ai essayé de me reposer en voiture, mais impossible de dormir. Je suis donc reparti de Fougères vers 15h30. Je commençais à être bien fatigué, et avait des échauffements sous le pied gauche. A chaque côte, il m’était indispensable de m’arrêter, et je devais marcher sur le bitume, pied nu, pendant 5 mn.
Arrivée à Villaines-la-Juhel vers 20h30. Un copain et sa femme étaient là pour m’encourager, ce qui m’a fait du bien au moral. Je me suis restauré, puis allongé près de la table où l’on mangeait, avec un suédois et un africain, ce qui était rare dans les participants. Dans la file l’attente qui passait à nos pieds, nombreux cyclistes s’en amusait. Au moment de repartir, j’avais mal aux jambes et à mon genou. J’ai vu un Kiné qui m’a massé les jambes et m’a refait mon pansement au genou. Cela m’a fait un bien fou et je suis reparti en forme, vers Mortagne-au-Perche. A 10 km de Mamers, à un rond-point, ne voyant pas de fléchage, j’ai fait deux tours. M’approchant trop près du trottoir, je me suis retrouvé à terre : mais sans conséquence. Toujours des échauffements au pied, ce qui m’obligeait à m’arrêter dans les côtes.
Arrivée à Mortagne-au-Perche à 3h50. Il me restait encore 177 km à parcourir : là, j’ai vu que je n’étais plus dans les temps. Je ne suis dit qu’il ne fallait plus que je n’arrête, seulement pointer à Dreux et repartir.
Arrivée à Dreux à 9H15. J’ai aperçu Gérard qui prenait de mes nouvelles au contrôle, au moment où j’arrivais pour lui taper sur l’épaule. Il y avait également Simone, Maryvonne et Lucien qui m’ont bien encouragé. J’ai pris un chocolat et un pain au chocolat, et suis reparti aussitôt car je n’avais plus de temps à perdre. Pendant une vingtaine de km, j’ai pris la roue d’un groupe qui m’avait aperçu lorsque je marchais sur le bord de la route. Cà roulait un peu vite (30 km/h), je me suis donc raccroché à un autre groupe qui roulait moins vite. Dans les côtes de Montfort-l’Amaury, les échauffements du pied m’ont repris, et j’ai dû me remettre à marcher sur le bord de la route. Repartis en selle, et me retrouvant avec une femme qui souffrait de l’épaule, j’ai essayé de l’ encourager, malheureusement elle n’a pu continuer jusqu’au bout et a abandonné à 15 km de l’arrivée. Continuant mon chemin, dans la dernière côte, j’ai vu Thierry, sa femme et son fils, pour nous encourager. Je me suis arrêté 2 minutes, et suis reparti vers l’arrivée où Roland, Michèle et François étaient là pour nous accueillir.
Arrivée au Vélodrome à 12H44